lundi 25 septembre 2017

Émission REUSSITE / Canal + : chronique " Villes "

5 Buts à Zéro, MAZEMBE qualifié pour la demi-finale de Coupe de la CAF

lundi 18 septembre 2017

Gael Music - Holy is The Lord & Suite/Sanjola 2016

C'est un événement annuel qui réunit les chrétiens de Kinshasa. Le groupe Gael Music crée par le feu Alain Moloto que dirige actuellement le chantre et pasteur Athoms Mbuma avait donné rendez-vous cette année un concert au courant du mois de juillet dernier. En attendant les images qui nous arriveront d'ici peu, nous vous proposons un extrait de l'édition 2016. Un moment de louange et d'adoration au Père éternel qu'est notre Dieu.

ELEMA

Neymar 18 septembre 2017

samedi 16 septembre 2017

Quand le gouvernement se contredit au sujet de passeports semi-biométriques

La décision du gouvernement congolais d’interdire les passeports semi-biométriques à partir du 16 octobre prochain va à l’encontre de sa position initiale, à l’époque du lancement même de ces derniers.
La Rédaction @politicocd

septembre 16, 2017
Dans son communiqué, le ministère congolais des Affaires étrangères indique qu’à partir du 16 octobre les passeports semi-biométriques encore en circulation n’auront plus cours légal en République Démocratique du Congo. « Les citoyens qui détiennent ces passeports ne pourront plus être autorisés à franchir la frontière tant à l’entrée qu’à la sortie du territoire national » note le document, signé par Aje Matembo Toto, vice-ministre des affaires étrangères.
Néanmoins, cette décision va à l’encontre de ce qui a été annoncé au lancement de ses passeports en novembre 2015. En effet, Raymond Tshibanda, ministre des Affaires étrangères à l’époque, avait fait savoir que l’implantation du nouveau système de passeport à pusse se déroulerait « de manière progressive à travers la RDC », ajoutant que les détenteurs des anciens passeports allaient « les garder jusqu’à leur expiration avant de se procurer le nouveau modèle. »
Une situation qui offusque le député de l’opposition Albert Fabrice Puela, qui rappelle même cette promesse du gouvernement: « le bon sens et l’esprit d’équité recommandent que soient Laissés ces imprimés jusqu’à leurs échéances. N’est-ce-pas qu’ils ont une période de validité ? Ces vieux passeports disparaîtront d’eux-mêmes au fur et à mesure du besoin de renouvellement« , dit-il

jeudi 14 septembre 2017

Katumbi : « Avec Kabila, il ne peut y avoir ni dialogue ni négociation »

 Ballon d’essai pour les uns, lobbying de pays occidentaux pour maintenir coûte que coûte Joseph Kabila au pouvoir pour décrocher les derniers contrats pour les autres, à la veille de la participation de Joseph Kabila à l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, l’idée d’un troisième dialogue réunissant la majorité présidentielle et l’opposition revient en force sur la scène politique congolaise.

« C’est la seule manière de désamorcer la crise », explique un membre de la majorité. « Le pays traverse une période très chahutée, l’insécurité a retardé la mise en place des structures ad hoc pour la tenue du scrutin que nous voulons tous. On sait que les délais sont intenables, remettons-nous autour de la table pour discuter de tout cela ».
Un message peu audible pour les tenants du Rassemblement de l’opposition, principale plateforme de l’opposition congolaise, qui a rapidement publié une mise au point dans laquelle elle explique, sous la signature de Félix Tshisekedi, qu’elle ne participera pas à ce nouveau round de négociations dont elle « ignore tout ». Et d’expliquer que « Joseph Kabila a renoncé et donc perdu la légitimité que seul cet Accord (de la Saint Sylvestre) lui conférait. Derechef, il ne peut en aucune manière se prévaloir de la qualité de Président de la République démocratique du Congo ». Et de poursuivre en expliquant qu’il s’est « lui-même disqualifié, il n’est donc plus un interlocuteur crédible. Il est un problème intégral. Le processus prévu par l’Accord, doit pour aboutir; se poursuivre sans Joseph Kabila. »
« Pas question ! »
Moïse Katumbi, joint par téléphone, affirme pour sa part : « Il n’est pas question de participer à un nouveau dialogue. Il y a déjà eu deux dialogues et Joseph Kabila n’a jamais respecté aucun des engagements qui y ont été pris. Il a trompé tous ses interlocuteurs. Il a démontré que son seul objectif était de se maintenir au pouvoir par tous les moyens en se moquant éperdument du peuple congolais. Dans ces conditions, à quoi pourrait servir un troisième dialogue. Le dialogue mené sous l’égide des évêques de la Cenco, qui a abouti à l’Accord de la Saint-Sylvestre, est arrivé à des conclusions claires. Kabila a obtenu une prolongation de mandat d’un an dans le seul but d’organiser des élections auxquelles il ne peut participer. Il doit quitter le pouvoir et le peuple congolais doit pouvoir retourner librement aux urnes pour choisir, de manière démocratique, son nouveau président. Il n’y a pas d’autres issues. S’il ne veut pas respecter cet Accord, le peuple congolais en tirera les conséquences. Il faut résister. Joseph Kabila et sa clique ont pris en otage tout un pays de plus de 80 millions d’âmes. Les Congolais sont fatigués de ce Monsieur qui considère notre pays comme sa propriété privée. Trop, c’est trop. Il sait ce qu’il lui reste à faire pour éviter le pire et trouver une porte de sortie qui rétrécit de jour en jour. Nous savons qu’il va se rendre aux Nations unies à New York pour expliquer qu’il a respecté ses engagements. C’est faux. Archi-faux. Aujourd’hui, il continue à tromper l’opinion américaine par des articles dans la presse qui me prêtent des liens imaginaires avec Georges Soros et par des campagnes de presse calomnieuses financées à coups de millions de dollars sur le dos des fonctionnaires congolais, des militaires et des policiers très mal payés. Joseph Kabila et ses acolytes sillonnent le monde en prétendant que la situation du pays est sous contrôle. De qui se moquent-ils ? Jamais la situation n’a été aussi grave. Les évêques en ont témoigné dans leur message. Partout dans le pays on assiste à la montée de la violence, de la misère et de la faim. On tue en silence, on emprisonne, on massacre pour réduire les Congolais au silence et faire croire au monde entier qu’il y a la paix. Ce Monsieur a perdu le sens de la vérité. Rappelez-vous les paroles qu’il avait prononcées en 2014 du haut de la tribune des Nations Unies lorsqu’il s’était engagé devant la Communauté Internationale à tenir des élections. Aujourd’hui, pour faire peur à la communauté internationale, il l’accuse constamment d’ingérence. Il sait pertinemment que lorsqu’elle demande la publication d’un calendrier électoral ou exige des comptes sur la gestion financière du processus électoral, elle ne fait que répondre aux aspirations des 80 millions de Congolais qui ne demandent que d’exercer leur droit le plus légitime, celui d’aller aux élections pour choisir des dirigeants capables de mettre un terme aux violences, aux tueries, aux massacres, aux viols, aux fosses communes. Il n’y a là aucune ingérence. La Communauté internationale ne doit en rien se sentir concernée par les menaces d’un président illégitime qui a échoué à organiser les élections dans les délais fixés et qui pour conserver le pouvoir est déterminé à mettre son pays à feu et à sang. Avec monsieur Kabila, il ne peut y avoir ni dialogue ni négociation s’il n’organise pas les élections comme c’est prévu dans l’Accord de la saint-Sylvestre. Et pas question de passer par un vote électronique. C’est le dernier tour de passe-passe qu’il a trouvé pour tenter de faire gagner sa majorité lors des élections. On sait ce qu’il est advenu du vote électronique au Kenya. Vous imaginez ce qui se passerait dans un pays sans infrastructures ni électricité. C’est une distraction entretenue par un homme qui ne sait plus à quel saint se vouer pour voler les voix des Congolais. « 
Et Moïse Katumbi de défier le pouvoir en place. « Pourquoi ne laisse-t-il pas le peuple congolais manifester pacifiquement. Il interdit tout mouvement. Il recourt à la force pour bâillonner le peuple et l’opposition. S’il agit ainsi, c’est parce qu’il a peur du peuple. Il l’a entendu chanter à pleins poumons dans le stade des Martyrs. Il l’a entendu partout, dans toutes les provinces. Il doit partir. Il sait que tous les Congolais veulent le changement et veulent son départ cette année. »
« Un peuple qui murmure est toujours redoutable », dit-on, « que dire d’un peuple qui chante votre départ ! »

mercredi 13 septembre 2017

L’Industrie musicale RD Congolaise amplifie la tradition


La percée musicale de la chanson « Zenga Luketu  Lusala mambu » tirée de l’album « 7 jours de la semaine » de Noel Ngiama Makanda dit Werrason  (de souche Bambala province du Bandundu)  fait retourner beaucoup d’artistes sur le chemin du studio. L’on projette  un lendemain de l’industrie musicale RD Congolaise ( regorgeant plus de 300 dialectes) totalement inspiré de la tradition.
Le « roi de la forêt » s’impose  dans tous les milieux d’ambiance kinois (boites du nuit, cabarets, dancing club, les deuils, fêtes de mariage…)  à travers cette œuvre de haute facture artistique traditionnelle Ne Kongo , et cela après avoir connu une légère baisse suite à la défection de beaucoup d’ éléments de sa cour Wenge Musica Maison Mère (WMMM)  tels  Héritier Watanabe , Thadée, Olivier, Eboa Lotin, Beau Gars Cappuccino,  Fabregas « Ya mado » et Robinio  Mundibu « Tia nanu boye » qui ont osé même  captiver le difficile public kinois.
Sans oublier l’animateur titulaire Lobeso ‘Tigre’  se surnommant actuellement « Mbonda bio » qui s’aventure  dans son «  recours à l’authenticité » à travers le tube « Elumbe Elumbe » déjà disponible sur le marché du disque.  Pour sa part,  Fally  Ipupa (de souche Ekonda de la province de l’Equateur)  a injecté  « Elok’oyo » un remix totalement réussi de « faux calcul » du groupe folklorique du regretté Mabele Elisi.
La doyenne des musiciennes africaines  Elisabeth Mudikay Tshala Muana, la « Reine de Mutuashi » a su revaloriser pendant près d’une quarantaine d’années  le rythme Luba (province du Kasaï), des tubes nostalgiques tels « Malu » ou encore « Tshanza »  et récemment « Lunzenze » avec des titres comme « Tshintu Vita » réalisé en feat avec l’animateur Bill Clinton.
L’histoire musicale congolaise se souviendra longtemps de  la star internationale de la chanson Shungu Wembadio  Papa Wemba  fils du terroir Lubefu (province de Sankuru) s’impregniant de la   culture  « Otetela  Kemafumbe ». A féliciter aussi Jossart Nyoka Longo Mvula de Zaiko  Langa Langa qui  a fait un grand retour sur la scène discographique dans l’album « Bande annonce », la  chanson « Mo Mambu » fignolée en airs « Zombo Kongo Dia Totila » proche de l’Angola , pour ne citer que ceux-là.
Le desk musique de la Tempête des tropiques saisit l’opportunité pour lui souhaiter bon anniversaire à l’occasion de ses  64 ans d’âge.  Roger Joseph  Nyoka  Longo Mvula  que les mélomanes surnomment affectueusement Jossart Vieux Bombass  est né le 7 septembre 1953 à Kinshasa.

Source: La Tempete

vendredi 25 août 2017

Grandes vacances 2017: Kinshasa bouge grâce à la musique

Kinshasa ville musicale par excellence ne faillit nullement à sa réputation dès le début de ces grandes vacances. Pour preuve, depuis le mois de juin défilent les festivals, les concerts et les kermesses dans cette métropole africaine de plus ou moins 12 millions d'habitants qui peuplent ses 24 communes. 

En fait, tout a commencé à la fin du mois de mai par le FESTKIN qui a connu la prestation notamment du groupe le plus mythique du Congo et de l'Afrique, Zaiko Langa Langa conduit par son chanteur leader Jossart N'yoka Longo ainsi que de Robinio Mundibu.

Deux semaines plus tard, un des grand frère de Ya Jossart, le pianiste de renommé internationale Ray Lema accompagné du célèbre saxophoniste camerounais Manu Dibango et du tonitruant Youri Buenaventura ont été les grosses pointures du JazzKif (le festival kinois de jazz) à la Halle de la Gombe situé dans les installations du Centre culturel français. 

S'en est suivi le FIRE, festival internationale de la rumba et de l'élégance qui a trouvé ses quartiers à la place de la gare, baptisé récemment Place du 30 juin, date de l'acquisition de l'indépendance de la République Démocratique du Congo. 
Marqué par le retour à Kinshasa de Sam Mangwana un apôtre de la rumba qui a évolué aux côté de Tabu Ley Rochereau ainsi que Luambo Makiadi Franco ce festival a mis en évidence ce style musical qui se veut être la maternité des tous les styles musicaux africains de ses 60 dernières années. 

Les Kermesses qui ont ouvert leurs portes pour deux mois, ce genre de fête forraine dédié à des stands tenus par des particuliers qui servent des plats de viandes et poissons grillés accompagnés des boissons en échange des quelques billets de banque, sont aussi des lieux de prestation des groupes musicaux kinois. 
JB Mpiana, Werrason, Héritier Watanabe, Fabregas, Ya Jossart et Zaiko Langa Langa, Viva la musica du regretté Papa Wemba sont les plus demandés dans ces lieux qui sont incontournables pendant les périodes des vacances. 

Hormis ces initiatives citées plus haut, il y a également des promoteurs et tourneurs qui produisent des groupes musicaux pendant les week-ends dans différents endroits récréatives de la ville de Kinshasa. Cest dans ce cadre que les hôtels Invest et Venus ont été choisi pour abriter les prestations de Koffi Olomide et JB Mpiana. 

Zaiko Langa Langa qui entre deux voyages à Lubumbashi et en Zambie se produit à son fief, Muguyla Guyla dans la commune de Kasa-Vubu, s'est vu proposé des productions quatre dimanches de suite au Twin's Land chez Judith, dans la commune de la Gombe ainsi que à L'espace Amaryllis dans le quartier huppé de Ma campagne. 

Les producteurs de musique et organisateurs des événements culturels Albert Mavungu et Louis Mefalezi se sont associé à la propriétaire de l'espace Amaryllis Marie Omba pour mettre en place un concept qui consiste à produire différents artistes les dimanches pendant la période allant du 30 juillet au 10 septembre 2017. 

Ya Jossart a donc ouvert le bal avec deux productions scéniques le 30 juillet et le 20 août qui ont connu un franc succès. Sont également programmés Ferre Gola le 27 août et JB Mpiana le 10 septembre.

N'empêche le climat social et politique préoccupants, la ville de Kinshasa continue de tenir son rang de carrefour musical reconnu et proclamé par l'UNESCO.

lundi 12 juin 2017

Moïse Katumbi « On crée le chaos pour éviter les élections »

Un an ! Cela fait un an que le Rassemblement de l’opposition congolaise a vu le jour. Une alliance entre les principaux leaders et mouvements de l’opposition face aux dérives du pouvoir du président Joseph Kabila dont le second et dernier mandat arrivait à échéance le 19 décembre dernier.

Un an après cette création, que reste-t-il de ce Rassemblement alors que Joseph Kabila est toujours au pouvoir et que les signes annonciateurs d’une alternance démocratique en RDC sont toujours en berne ?
Rencontre sans langue de bois avec Moïse Katumbi, le principal adversaire de Joseph Kabila et l’un des moteurs de ce Rassemblement de l’opposition.
Monsieur Katumbi, quel bilan tirez-vous de cette première année du Rassemblement de l’opposition qui a été, évidemment, marquée par le décès d’Etienne Tshisekedi, le leader naturel de ce mouvement ? 
Je voudrais d’abord saluer le combat d’Etienne Tshisekedi. Son engagement sans faille. Ensuite, il faut constater que le Rassemblement n’a rien perdu de sa détermination et de son poids réel. Notre objectif n’a pas varié d’un iota. Nous voulons le respect de la Constitution. Nous voulons l’alternance politique. Nous voulons la démocratie. Nous voulons éviter le chaos dans lequel veut nous diriger Joseph Kabila et sa clique. Chaque jour, notre détermination est plus forte.
Etienne Tshisekedi disparu, c’est son fils, Félix, qui a repris le flambeau. 
Et ça se passe très bien. Nous sommes exactement sur la même ligne. Avec Félix nous partageons les mêmes objectifs. Nous nous voyons régulièrement, nous nous parlons tous les jours. Ce qui compte, ce ne sont pas les hommes, c’est l’avenir du Congo et de près de 80 millions de Congolais.
Pourtant, certains membres du Rassemblement vous ont abandonnés en cours de route. 
C’est ce que je viens de vous dire, ce qui compte, ce ne sont pas les individus mais le Congo et l’ensemble du peuple congolais. D’ailleurs, je tiens à souligner que le Rassemblement, c’est un regroupement de plate-forme et d’un seul parti, l’UDPS. Ceux qui sont partis ne représentent rien. Ils nous ont quittés pour leurs intérêts personnels. Ils ont tourné le dos à la démocratie, au respect de la Constitution. Ceux qui restent dans le Rassemblement, ce sont ceux qui veulent vraiment qu’il y ait un vrai changement dans notre pays , c’est cela la volonté du peuple congolais. Et, croyez-moi, ils sont prêts à bien des sacrifices pour y arriver. 
Votre regard sur l’actuel gouvernement du Premier ministre Bruno Tshibala, autre transfuge, comme Samy Badibanga, de l’UDPS. 
Les mêmes maux produisent les mêmes effets. Kabila a changé le Premier ministre et quelques seconds rôles mais il a conservé tous ses lieutenants aux places de choix. Il s’est même permis de choisir quelqu’un qui s’était auto-exclus de son parti, l’UDPS, et donc du Rassemblement. Cela explique les nombreuses missions du gouvernement de Kabila qui donne de fausses informations aux pays de la sous-région que Tshibala appartenait toujours à son parti. Tshibala passera comme Badibanga. Mais pire, tout indique qu’il ne sera qu’un Premier Ministre anecdotique. On l’oubliera et, pour n’avoir pas respecté l’Accord de la Saint Sylvestre et avoir trahi le peuple congolais, il aura tout perdu de sa lutte. C’est dommage. 
Rappelons effectivement que le 31 décembre, opposition et majorité présidentielle ont signé, sous l’égide des évêques congolais de la Cenco, l’Accord de la Saint-Sylvestre qui prévoyait notamment que l’opposition obtienne le poste de Premier ministre, la présidence du Comité national de suivi de l’Accord et la tenue des élections avant la fin de l’année ? Vous n’avez pas l’impression d’avoir été naïf ? Vous n’avez finalement rien obtenu ? 
Nous avons voulu tout essayer pour éviter le chaos et obtenir le respect de la constitution et donc le départ pacifique de Kabila. Nous savions que nous prenions un vrai risque à négocier avec la majorité qui n’a aucun plan B. Voilà pourquoi jusqu’aujourd’hui, ils n’ont pas désigné un dauphin.. Que le clan Kabila le veuille ou non, le texte de l’accord est sur la table. Les Nations-Unies, l’Union Africaine, l’Union européenne, des nations comme les Etats-Unis, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Angola et la liste est longue, sans oublier le Vatican, demandent la stricte application de cet Accord. C’est un caillou dans la chaussure de la majorité. Un caillou, si vous ne le retirez pas de votre chaussure et que vous voulez continuer à marcher, ça fait très mal jusqu’au moment où vous devez vous arrêter en pleine souffrance…
La semaine dernière, le président Kabila est sorti de son silence pour donner une interview au magazine allemand Der Spiegel, il a expliqué qu’il n’avait pas promis les élections en 2017… 
Kabila n’a rien à promettre. Il n’a plus de légitimité, il est hors-la-loi. Il ne peut pas engager le peuple congolais car au terme de l’Accord, il assume son intérim jusqu’au 31 décembre 2017. Il y a des lois et une constitution qui sont au-dessus de lui, qui s’imposent à lui. Ce n’est pas un cadeau qu’il fait, c’est une obligation légale. Dans une démocratie, l’élection n’est pas une option, c’est une obligation. Lui, il ne fait que passer. Il n’a toujours pas compris que le Congo n’est pas un patrimoine privé qu’on gère à sa guise comme une boîte de sardines. Il y aura un après Kabila et plus il s’entête, plus cet après sera compliqué pour lui et pour tout son clan.
Dans la même interview, il n’hésite plus aujourd’hui à évoquer à demi-mot la possibilité d’un référendum 
Souvenez-vous de ce qui s’est passé en janvier 2015 quand il a voulu toucher à la constitution. Le peuple est sorti dans la rue spontanément pour lui dire non. Le pouvoir a tué beaucoup de jeunes gens ce jour-là et il a dû faire marche arrière. Personne n’a oublié. Il en répondra et ce sera bien pire s’il voulait tenter à nouveau l’aventure du référendum. Vous savez, cette interview c’était un défi lancé au peuple congolais. Kabila a montré tout le mépris qu’il a pour les lois du Congo, pour son peuple et pour la communauté internationale. Il pense qu’il est au-dessus de tout, c’est une attitude suicidaire.
Le jour de la publication de cette interview, vous, vous étiez à Genève devant le Comité des Droits de l’Homme du Haut-Commissariat aux Nations Unies. Qu’espérez-vous de cette démarche ?
Je suis allé devant cette juridiction parce que le pouvoir en place au Congo ne m’a pas permis d’épuiser les voies de recours nationales. Je suis frappé par une condamnation de trois ans dans un dossier où les juges ont expliqué les pressions incroyables subies pour prononcer cette sentence. Les évêques de la Cenco ont étudié ce dossier et rencontré tous les protagonistes. Leurs conclusions sont claires, cette condamnation est une mascarade. Je veux que la communauté internationale comprenne bien la situation qui prévaut dans notre pays. Ce que je vis, des milliers de Congolais le vivent. La plainte déposée à Genève vaut donc pour mon cas personnel, mais également pour tous ceux – et ils sont nombreux – qui, dans mon pays, souffrent de l’arbitraire et de l’injustice d’un pouvoir qui instrumentalise la justice. Il faut que cela se sache. Il faut que la communauté internationale fasse aussi pression sur le pouvoir pour que cela cesse. Ces juges qui sont complices doivent faire attention, ils ont fait des études pour rendre justice et non pas pour être au service d’un régime.
Cette démarche doit vous aider à rentrer au pays ? 
Bien sûr mais avec des garanties. J’ai toujours dit que la place d’un opposant dans mon pays c’est soit la prison, soit l’exil, soit la mort. Je ne serai pas une victime de plus d’un régime assassin. Je suis innocent sur toute la ligne, tout le monde l’a reconnu. Je ne vais pas me laisser enfermer pour le bon plaisir d’un dictateur. Je veux rentrer pour mener un combat politique. Je ne veux pas de faveur. Je veux que mes droits soient respectés, que les droits de tous les Congolais soient respectés.
Comment jugez-vous la situation au Kasaï, avec cette rébellion des adeptes de Kamwina Nsapu, la répression meurtrière des forces de l’ordre et l’assassinat de milliers de civils et des deux experts de l’Onu ?
C’est dramatique. C’est inacceptable. On parle de plus de 40 fosses communes. Cela signifie bien plus de 1000 morts. Et tout cela se déroule sans qu’il y ait la moindre enquête indépendante. Le pouvoir annonce aujourd’hui qu’il a commencé à juger les responsables, tant dans les assassinats des milliers de civils que dans celui des deux experts des Nations Unies. On se moque de qui ? Pourquoi un gouvernement qui n’a rien à cacher ne peut-il pas accepter d’accueillir les enquêteurs de l’Onu. Ils ont tout tenté quand les informations sur ces massacres ont commencé à filtrer. J’ai même été désigné comme responsable par le ministre de la Communication d’un montage vidéo qui montrait des militaires en train de tirer sur des civils, des femmes et des enfants. Ce gouvernement voit l’ombre de Moïse Katumbi partout. Ensuite, ils ont sorti les images de l’assassinat des experts de l’Onu pour incriminer les Kamwina Nsapu. Comme ça n’a convaincu personne, ils ont également sorti un enregistrement audio qui incriminait un ancien ministre du gouvernement Badibanga. Personne n’est dupe. Les assassins, les vrais, courent toujours mais ils vont devoir payer. Regardez, c’est assez étonnant, aujourd’hui on ne parle plus des massacres de Beni. Mais comme pour le Kasaï, ces massacres ne resteront pas impunis. Je m’y emploierai. Pour certains, au pouvoir, la vie des Congolais n’a aucune valeur. C’est insupportable. Quel monstre peut se comporter de la sorte. Les cours et tribunaux internationaux devront se saisir de ce dossier. A Beni comme au Kasaï, il faut se poser une question : à qui profite le crime ?
A qui ? 
A ceux qui veulent créer le chaos pour éviter de devoir passer devant les électeurs. Ceux-là même qui refusent l’enquête internationale.
Dans le Kasaï, certains ont aperçu des hommes de Gédéon Kyungu, un seigneur de guerre que vous avez bien connu et que vous avez combattu quand vous étiez gouverneur du Katanga ?
Ce type est un assassin. Un évadé de prison. Un criminel qui vit librement dans son pays, alors que des innocents comme Franck Diongo, Jean-Claude Muyambo et d’autres croupissent en prison ou sont contraints à l’exil. Il doit être jugé. Comme par hasard, après mon départ du gouvernorat du Katanga, Gédéon est réapparu. Il a soi-disant déposé les armes et, pour le pouvoir en place, il est devenu fréquentable. On apprend que ses hommes seraient au Kasaï. Comment voulez-vous qu’ils s’y retrouvent sans la complicité du pouvoir. C’est impossible. Gédéon est devenu un instrument du pouvoir. Ceux qui utilisent ses hommes sont les coauteurs de leurs crimes et ils doivent savoir qu’ils en porteront la responsabilité.
On a parlé du Kasaï, de Béni, mais la situation sécuritaire à Kinshasa est aussi très préoccupante. Plus de 4000 détenus se sont évadés de la prison de Makala le 17 mai dernier, ce samedi, 10 juin, c’est dans la commune de Matete que des attaques ont eu lieu. Comment expliquez-vous cette détérioration de la situation sécuritaire ? 
Une fois encore, cherchez à qui profite le crime. Le désordre pourrait, selon le pouvoir, expliquer le report des élections. Dans son interview au Spiegel, Kabila expliquait qu’en 2011 vu la guerre à l’est on ne pouvait mobiliser de l’argent pour des élections. Il peut être tenté de réutiliser les mêmes recettes pour justifier la non tenue des élections. Mais nous ne le laisserons plus faire. Le peuple est fatigué. Nous vivons dans l’insécurité quotidienne parce que le Congo n’est plus dirigé. Regardez ce qui vient encore de se passer ce dimanche à Beni. Plus de 900 évasions sur 960 détenus. Combien d’évasions sur un mois. L’évasion est chez nous devenu un sport national et il faudrait qu’il soit agréé par le pouvoir ! Tout cela pour créer l’insécurité et ne pas organiser les élections. Et personne ne démissionne !  
La semaine dernière, lors de son passage à Kinshasa, une délégation du FMI a annoncé que le dollar vaudrait 2000 francs congolais en fin d’année…
C’est intenable pour les millions de Congolais qui ne peuvent simplement plus acheter le minimum vital. Le pouvoir a puisé dans les caisses de l’Etat pour des fins personnelles. Aujourd’hui, le Congo est au bord de la faillite, il n’y a plus de réserve de change, il n’y a plus un cent pour les travaux publics, même payer les fonctionnaires va devenir difficile et sachez que personne ne prêtera un franc à cet Etat hors-la-loi. Le FMI aussi a plaidé pour le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre avant de songer à prêter le moindre franc au Congo. Les investisseurs privés sérieux ne viendront pas. Les seuls qui sont prêts à prendre le risque aujourd’hui ce sont des aventuriers qui cherchent à se remplir les poches ou à blanchir de l’argent. Et pendant ce temps, le président, les ministres ne se posent aucune question et continuent de vivre comme si tout allait bien. Le Congo est devenu un bateau sans capitaine.
Pensez-vous qu’on puisse toujours organiser des élections en 2017 ? 
Oui, on le peut. Mais le pouvoir ne le veut pas. Il n’a pas de plan B. Kabila ne veut pas quitter le pouvoir. Il ne le cèdera pas à un membre de la majorité, sans quoi il aurait déjà désigné son dauphin. Cela explique pourquoi il refuse le soutien de la Communauté internationale pour le financement des élections. Tout cela dans le seul but de ne pas organiser les élections en prenant prétexte du refus de l’ingérence. Alors que dans le même temps, il tend la main aux bailleurs de fonds. Cà ce n’est pas de l’ingérence ? Il faut rester cohérent.
Nous avons publié récemment dans La Libre une interview de deux démographes qui remettaient en cause les chiffres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) chargée de l’enregistrement des électeurs. Pour eux, la Ceni avaient gonflé de plus de 2 millions le nombre d’électeurs…
Il y a de sérieux doutes sur l’indépendance de la CENI. Le Rassemblement va bientôt demander une commission pour auditer le fichier électoral.
C’est la Cour constitutionnelle qui peut enregistrer les plaintes, mais cette cour est dans le collimateur du pouvoir qui veut la réformer pour la faire passer de 9 à 5 juges. Cela vous inquiète ? 
Le ministre de la justice s’est fait retoquer il y a quelques jours. Il a tenté de passer en force mais un député a soulevé la question de la non-conformité du texte. Mais pas de doute, il va revenir à la charge. La structure de la cour constitutionnelle, telle qu’elle est prévue aujourd’hui, doit garantir son indépendance. Lorsqu’il a fallu interpréter la constitution pour savoir si Kabila pouvait rester au pouvoir au-delà du 19 décembre sans organiser les élections, la cour a répondu par l’affirmative mais seuls 5 juges sur les 9 s’étaient présentés. Le quorum n’était pas atteint et pourtant les 5 juges présents ont rendu un avis favorable au pouvoir. Kabila ne veut pas que ça se répète. Il veut que cette cour soit complètement à sa botte, notamment pour faire passer l’organisation anticonstitutionnelle d’un référendum. Une fois encore, Kabila se joue de toutes les institutions, il utilise les juges comme des pions. Encore une fois, il agit au Congo comme dans une propriété privée. Il se moque de la loi, des Congolais. Le peuple doit être vigilant. Et les députés doivent faire très attention de ne pas hypothéquer l’avenir de toute une Nation.
Vous avez longtemps plaidé pour qu’il puisse sortir par la grande porte en cédant démocratiquement le pouvoir. Vous y croyez encore. 
J’aimerais y croire parce que ce serait synonyme d’une fin pacifique mais la grande porte est devenue une petite fenêtre très étroite. Mais s’il est très souple, il peut encore passer rapidement.
Le 30 juin, c’est la fête nationale congolaise, quel message imaginez-vous pour cette date ? 
Ce jour-là, c’est la fête de tous les Congolais. Pas la fête d’un homme, d’une famille ou d’un clan. Le peuple doit en profiter pour réclamer le respect de ses droits en exigeant la publication du calendrier électoral. Donc l’organisation des élections. Kabila veut recoloniser pour lui seul le peuple congolais. Nous ne serons jamais d’accord. Il trouvera le peuple sur sa route. C’est cela l’esprit de l’article 64 de notre constitution.
Imaginons que les élections aient lieu, que vous soyez candidat et que vous l’emportiez, quelles seraient vos trois premières mesures ?
La première, c’est de faire respecter le droit à la vie de tous les Congolais. Il faut réformer urgemment le secteur de la sécurité et mettre fin à l’impunité. Il nous faut un Etat de droit. Sans ce premier axe, rien ne sera possible. Ensuite, et ça va de pair, il faut combattre la corruption à tous les niveaux. Il nous faut la bonne gouvernance. Aujourd’hui, avec des moyens modernes on peut notamment tracer tous les flux des fonds publics. Enfin, mais c’est parce que vous m’avez demandé mes trois premiers points, il faut lancer un plan de développement des infrastructures de base et de valorisation du capital humain. Il faut l’éducation, la santé et notamment l’électricité pour tous. Ce ne sont pas que des mots, mes projets sont bien construits. Mon expérience au Katanga me sera très utile.
Mais toutes les provinces du Congo n’ont pas la même richesse que le Katanga ?
Toutes les provinces ont des atouts. Une fois encore, tout est chiffré. Je n’improvise rien quand je vous dis cela. Ce que j’ai réussi au Katanga, on peut le faire partout mais cela va exiger qu’on se retrousse les manches et qu’on ose, parfois, dire des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à entendre. Mais les efforts seront récompensés. Le Congo peut devenir une très grande nation. Les Congolais le méritent après tout ce qu’ils ont enduré ces dernières années. Hubert Leclerq
Source: Lalibre.be